Ici, sur ces arpents de terre, l'aigle nazi a martyrisé et anéanti, ses serres du pire métal les ont griffés et maudits.
L'entreprise proprement diabolique des nazis nommée la "solution finale", avait pour but l'extermination de communautés entières en particulier des juifs et des tziganes mais
aussi leur anéantissement complet.
Ainsi il ne devait rester aucune trace des crimes. Les corps devaient disparaître totalement, ne laisser aucune trace.
Les cendres des disparus devaient être dispersées sans possiblité que quiquonque ne les retrouve.
Les écrits étaient interdits, la parole ne devait pas se propager.
La "solution finale" signifiait : suppression de toute traces de vie, de culture, de cultes, de sépultures, de sociétés, de communautés.
Cette volonté d'anéantissement fut une atteinte aux fondements-mêmes de la notion de civilisation.
Elle replongeait l'humanité en des temps et des espaces où l'idée de la conscience d'elle-même n'existait pas.
Le nihilisme absolument inhumain des nazis n'a pas d'équivalent historique connu. La régression qu'il constitue est inconcevable pour toute conscience.
Et pourtant la solution finale a été mise en œuvre.

Cette photo a été prise en Aout 2007.
On y voit de jeunes isréaliens, filles et garçons dans la salle des crématoires de Majdanek.
Majdanek est l'un des 6 camps d'extermination nazi de Pologne. Il est avec Auschwitz, le seul à avoir été à la fois camp d'extermination et camp de concentration.
Le hasard a voulu que nous visitions ce camp, en même temps qu'un groupe de jeunes juifs d'Israél que nous avons suivi tout au long de leur "pélerinage" dans Majdanek.
Outre, l'impressionnante émotion (plus que cela) ressentie par eux et transmises à nous, en particulier la traversée des crématoires et le Kaddish dit par un petit
groupe au pied du mémorial de Majdanek, un intense et irrésistible sentiment de révolte calme m'a envahi.
En même qu'un profond respect et une certitude : le mal n'a pas gagné, il a été terrassé. De jeunes juifs peuvent se promener couverts de leur drapeau et de la kippa
dans les infames vestiges du camp. J'y ai senti, les larmes me submergeant pendant le kaddish, la puissance de la vie. La vie par-delà les massacres organisés, planifiés.
Renforcement de la confiance en la force quelqu'en soit la nature qui finit par détruire le mal.
